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  • Pourquoi j’ai demandé mon changement de discipline…

     

    Rappelons tout d’abord qu’après des études de psychologie à l’Université de Toulouse 2 – le Mirail, et une Maîtrise de psychologie sociale sous la direction de Claude Fronty [1], j’ai soutenu mon Doctorat sous la direction de Janine Larrue, psychologue sociale spécialiste des représentations sociales (notamment de la culture) et de « la pragmatique du discours politique » (Alain Trognon & Janine Larrue, Armand Colin, 1993 ).

    Après ma thèse, j’ai été recruté comme ATER puis maître de conférences à l’IUT « information & communication » : j’y enseigne toujours (ainsi qu’en licence et master d’« information & communication ») les sciences humaines, les théories de la communication, l’histoire des sciences, les statistiques et l’informatique appliquées aux sciences humaines, la psychologie sociale des médias, l’analyse du discours assistée par ordinateur (statistique textuelle et analyse automatique des contenus). Je n’ai actuellement aucun enseignement dans un département de psychologie.

    Parallèlement, j’ai intégré le Groupe de Recherche sur la Parole (Paris 8) à l’invitation de Rodolphe Ghiglione (1996), qui travaillait alors, entre autres, avec Patrick Charaudeau, sur la notion de contrat de communication et sur le talk-show. C’est dans le cadre de ce laboratoire que j’ai rédigé mon ouvrage sur l’analyse du discours assistée par ordinateur (A. Colin, coll. U, 1998) et que j’ai préparé mon Habilitation à Diriger des Recherches. Elle est soutenue, le 24 janvier 2000 à l’Université de Toulouse 2 – le Mirail, quelques mois après la mort de R. Ghiglione (Titre : « Cognition, communication et construction socio-politique des objets : Contribution à une psychosociologie cognitivo-discursive de la vie politique »).

    J’ai alors demandé et obtenu mon inscription par le CNU sur la liste de qualification aux fonctions de Professeur des universités dans les sections 16 (psychologie, psychologie clinique, psychologie sociale), en mars 2000, et 71 (Sciences de l’information et de la communication), en février 2001. J’ai été recruté sur un poste de professeur des Universités en 16è section le 1er septembre 2003.

    Avec mes collègues psychologues sociaux de l’IUT « A », nous avons intégré le LERASS (EA 827 de l’UPS, relevant des Sciences de l’information & de la communication), pour y créer l’équipe de psychologie sociale & communication. Mes activités relevaient alors clairement de la psychologie sociale, puisque j’ai été secrétaire général de l’Association pour la Diffusion de la Recherche Internationale en Psychologie Sociale pour le mandat 2003-2006 (coordination scientifique des trois Congrès Internationaux de Psychologie Sociale de Langue Française). Mais j’entretenais toujours le lien étroit avec la communication politique et médiatique et l’analyse du discours (voir « psychologie sociale des médias », PUR, 2004) et continuais mes activités au sein de la communauté analyse du discours (et lexicométrie).

    La question de l’inscription de doctorants s’est immédiatement posée. Malgré des tentatives de négociation à divers niveaux de l’université de Toulouse 2 (UTM), mon rattachement au LERASS rendait impossible l’inscription en thèse au sein de l’école doctorale CLESCO, dont la psychologie sociale relève.

    Ma première doctorante, codirigée par un professeur de l’UTM, a cependant soutenu sa thèse en 16è section en 2004. Pour les thèses suivantes, j’ai eu la possibilité d’inscrire les doctorants en 71è section. Une première a été soutenue en novembre 2008. La deuxième, qui a bénéficié d’un contrat d’allocataire-moniteur, a été soutenue le 5 novembre 2010. Une troisième a débutée en septembre 2010. Cette situation n’est pas toujours clairement visible pour le CNU, qui voit arriver à la qualification des candidats ayant soutenu une thèse en 71è section, avec un jury représentatif de la 71è section, mais dirigée par un professeur en 16è section.

    De plus, la nécessité de répondre aux critères scientifique de la 71è section, notamment dans l’exigence d’aide à la publication des doctorants, m’a amené à recentrer mes propres activités sur l’analyse du discours politique et médiatique, dans une perspective qui s’éloignait de la psychologie et se rapprochait des sciences de l’information & de la communication. Mes derniers ouvrages « Le grand oral… » (De Boeck/INA, 2007) et « Être Français aujourd’hui… » (LLL, 2012) n’évoquent la psychologie que de manière périphérique. Mes dernières publications sont, pour la plupart, mieux référencées en SIC qu’en psychologie. Mes projets actuels s’insèrent davantage dans le réseau des SIC que de la psychologie : nous avons notamment repris les collaborations initiées par R. Ghiglione, notamment avec P. Charaudeau.

    Au plan plus épistémologique, le changement n’est pas aussi important qu’il peut le paraître : il existe un mouvement national et international de rapprochement entre les Sciences de l’information & de la communication et la psychologie sociale. Aux USA, les deux disciplines peuvent être étroitement liées [2]. En France, le réseau est encore informel et peu reconnu. Mon objectif était de participer à ce mouvement, mais force est de constater que cela peut difficilement passer par la psychologie.

    Le dernier point tient à l’analyse du discours et la lexicométrie, dans lesquelles j’exerce des activités de plus en plus importantes, mais qui ne sont pas clairement identifiées dans une discipline : on y trouve des statisticiens, des linguistes, des historiens, des sociologues… Le pari est de les voir davantage acceptées en SIC qu’en psychologie.

    La poursuite de mon rattachement au LERASS, l’insertion de mes propres activités de recherche, mais surtout la reconnaissance et l’insertion des doctorants et docteurs que j’encadre, ont rendu nécessaire une visibilité disciplinaire clarifiée dans la 71è section. C’est pourquoi j’ai demandé et obtenu mon changement de discipline de la 16è à la 71è section.


    [1] Traducteur de Cassirer (« La Philosophie des formes symboliques, tome 3 : La Phénoménologie de la connaissance » de Ernst Cassirer & Claude Fronty, Éditions de Minuit, 1972) et auteur de « Existe-t-il encore des idéologies » (Édition du Grep Midi-Pyrénées, 1993)

    [2] Une de nos références est Howard Giles, qui a dirigé le Dept. of Communication de l’University of California at Santa Barbara, l’International Communication Association et les revues Human Communication Research, Journal of Language and Social Psychology…

     
     
    Publié le vendredi 24 décembre 2010
    Mis à jour le jeudi 31 mai 2012

     
     
     
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